Création de musique originale : une collaboration avec Nathalie Biarnés

La musique fait partie intégrante de la réalisation d’un film.  Pour notre documentaire, Les Vignerons du Vivant, réalisé par Julien Touzaint, nous avons collaboré avec la compositrice Nathalie Biarnés. 

Musique originale 

La musique originale c’est quoi ? 

La musique originale est écrite et réalisée spécialement pour un film par un ou plusieurs compositeurs. Elle est créée, intégralement, par le compositeur en collaboration avec le réalisateur. On parle aussi de la bande originale du film. 

L’importance de la musique dans un film

L’image et la musique sont complémentaires. Le rôle de la musique est d’illustrer l’histoire et de la rendre encore plus captivante. Elle est le décor sonore de l’image, construit un lien entre la continuité sonore et le puzzle narratif. La musique permet de créer une ambiance, de renforcer les dialogues, les scènes, mais également d’exprimer les émotions des personnages. Aussi importante que l’image, elle donne l’intensité du moment.

Elle est un guide émotionnel pour les spectateurs, car elle change considérablement la perception du spectateur sur ce qu’il regarde. La musique devient un véritable outil de mise en scène pour les réalisateurs. C’est ainsi qu’ elle se doit d’accompagner les images de la meilleure manière possible selon l’intention de réalisation. 

Production audiovisuel Biarritz

Interview de Nathalie Biarnés, compositrice pour Les Vignerons du Vivant

Session d’enregistrement de la bande originale du film Les Vignerons du Vivant
Musiciens : Julien Avellan, Emmanuelle Bacquet, Marina Beheretche, Arnaud Bonnet, Paola Nieto
Enregistrement et Mixage studio : Patrick FISCHER, Lagunarte Studio.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai commencé la musique à 9 ans, contrainte et forcée par mes parents, au conservatoire de Pau. J’ai eu un parcours assez classique, j’ai étudié le piano, la clarinette et le chant lyrique. À 17 ans, j’arrête le conservatoire pour créer ma propre musique, à l’époque je n’aimais plus trop la musique classique et je voulais faire de la musique actuelle. J’arrête la musique pendant 5 ans pour me concentrer sur mes études de commerce et de droit et après l’obtention de mon BTS Commerce, j’avais envie de  me spécialiser dans l’édition musicale.  À la Fac de musique de Pau, j’ai rencontré mon maître de composition, et j’ai adoré ! À partir de là, je me suis spécialisée dans la composition de musique symphonique. Aujourd’hui, je fais beaucoup de musique pour la scène comme des ballets, des concerts symphoniques, etc.

Quelle relation entretenez-vous avec le réalisateur lors de la création ?

Il faut savoir que j’ai connu Julien sur un autre projet où j’avais composé une musique qui s’appelait Eki Nox, c’était pour un ballet. Il a adoré cette musique et m’avait demandé si ça m’intéressait de travailler plus tard sur un autre projet avec lui. Quand il a commencé le projet Les Vignerons du Vivant, il avait cette musique-là en tête donc je me suis beaucoup inspirée de cette ambiance pour la retranscrire dans le film. À partir de là, on a trouvé notre rythme.

Quelles ont été vos motivations ?

J’avais envie de faire de la musique à l’image depuis toute petite. Je trouve que les films documentaires ont plus de liberté, car on n’a pas toujours moyen de s’exprimer comme on le veut sur d’autres genres. C’était une première expérience pour moi et j’avais une certaine liberté dans l’écriture. J’avais aussi cette opportunité qui me demandait d’avoir des instrumentistes.

Quel était le cahier des charges ?

Il avait un cahier des charges un peu vague, il demandait une musique dynamique. Il a fallu trouver un équilibre entre ce que je lui donnais et ce qu’il voulait. La difficulté là-dedans, c’est qu’il me donnait le film, mais il n’était pas monté entièrement donc il y avait potentiellement des séquences qui allaient sauter. On avait trois semaines et c’était très court. Globalement, on avait dix minutes de musique de film au total dans le documentaire donc ça peut aller vite sauf si il y a trop d’aller-retour.  

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour composer la musique originale des Vignerons du Vivant ? Avez-vous des références ?

Effectivement,  je suis plutôt dans la musique minimaliste, on entend beaucoup ça dans les musiques de film. J’aime bien Philip Glass et d’autres compositeurs minimalistes américains. J’ai une certaine esthétique qui ressemble déjà à ce qu’on entend dans la musique à l’image et j’adore les instruments à cordes comme les violons. Je voulais créer des thèmes à partir des prénoms des quatre protagonistes : Tom, Quentin, Lolita, Aurore. J’ai essayé d’écrire des thèmes sur eux, la personnalité des personnages m’a pas mal inspirée. Il fallait aussi que ça corresponde à ce que voulait Julien.

Comment s’est passé la session d’enregistrement ?

C’était encore une autre étape. D’habitude, j’enregistre en tant qu’instrumentiste et je n’ai jamais enregistré en studio pour ma propre musique, c’était une première pour moi. Il a fallu être efficace en trois heures et enregistrer  dans le temps imparti. Je connaissais la plupart des musiciens du collectif Ezekiel mais ils n’étaient pas tous disponibles. La violoniste a tout organisé et c’était parfait. Ceux qui sont venus au dernier moment ont réussi assez facilement à lire et jouer ma musique. On l’a fait en 3 ou 4 prises.

Quel aspect du métier aimez-vous le plus ?

Composer. C’est le moment où tu pars de rien et tu finis avec quelque chose d’abouti. La composition est de A à Z. C’est le meilleur moment pour moi. 

Qu’avez-vous pensé de cette expérience en tant que compositrice sur Les Vignerons du Vivant ?

Sur le coup, le temps ne joue pas en ta faveur, mais c’est une très bonne expérience de composition et d’enregistrement en studio. C’est un documentaire social, il y a plusieurs lectures dans ce film. On parle du vin, de la région, il y a 4 jeunes qui cherchent leur voie, donc ce n’est pas misérabiliste en plus. C’est intéressant de voir comment les protagonistes évoluent, j’ai même eu quelques déceptions à la fin. Finalement, je pense que les gens vont rentrer dans le film et c’est ça qui est génial dans ce documentaire. 

Les Vignerons du Vivant, une coproduction KESTU / France Télévisions avec le soutien du CNC et du CIVB.

Diffusion le jeudi 6 octobre 2022 sur France 3 Nouvelle-Aquitaine dans la case  « La France en vrai »

musique originale